La vie reprend peu à peu un cours normal

Bonjour,

La vie reprend peu à peu un cours normal... À qui le dites-vous ? le cours normal des arrêtés de reconduite à la frontière, les mises à la porte des hébergements d'urgence, le refus de titres de séjours ou de renouvellement. Faisons le point sur ces temps difficiles.

Fin de la trêve pour les hébergements :

Les places exceptionnelles d'hébergement dites de "période hivernale" ont été maintenues jusqu'à ce jour pour éviter l'errance en période de confinement. La plupart des familles concernées étaients logées sur les campings et les hébergements d'urgence, sous gestion du 115. Au plus tard, le 10 juillet, il faudra avoir vidé les lieux, vagues de sorties qui chaque année ont lieu fin mars. Certes, elles ont eu trois mois de répit mais ni le relogement, ni la crise Covid 19 ne sont résolus. Un vent de panique s'est installé parmi les intéressés, on le comprend. Plus dure sera la chute.

Nous avons repris les permanences :

Sous conditions strictes notamment de prise de RDV et de respect des mesures de protection, nous avons repris les permanences hebdomadaires d'abord sur Foix puis sur Pamiers. Pendant toute cette triste période nous avions assuré à distance les suivis juridiques rendus rares du fait de la mise en sourdine des services préfectoraux (qui avaient d'autres chats à fouetter) et de la justice. Nous avons aussi assumé à domicile l'hébergement 24h/24 des jeunes (les MIE) que nous suivons et dont la scolarité a été perturbée.

Les cours de français langue étrangère ont été suspendus dans les lieux publics, ils ne reprendront qu'en septembre. Néanmoins quelques cours particuliers à domicile ont vu le jour. Merci à celles qui ont donné de leur temps et de leurs compétences, bénévoles comme toujours.

Reprise accélérée des procédures d'éloignement (le terme est plus chic que "expulsion") :

Dans les 3 dernières semaines, une quinzaine d'OQTF (obligation de quitter le territoire) sont tombées obligeant officiellement les étrangers concernés à partir dans les 30 jours, alors que la plupart des frontières extérieures à l'Europe restent fermées et les vols impossibles. Une logique administrative qui nous échappe !

De même les refus de titres de séjour ou de leur renouvellement, notamment pour raison de santé tombent à nouveau de manière systématique pour ne pas dire mécanique. Nous reprenons le chemin des tribunaux sans enthousiasme mais avec détermination. Les avocates de chôment pas, voire un peu débordées, comme nous : un dossier c'est plusieures heures de boulot et des RDV parfois à domicile pour ceux qui en ont un.

Préparer la rentrée scolaire et prendre en charge de nouveaux pensionnaires :

Malgré les pertubations actuelles, nous enregistrons les bons, voir excellents résultats scolaires des mineurs isolés que nous aidons. CAP ou Bacs Pro en poche, suivi des apprentissages, c'est le résultat de 2 ou 3 ans d'accompagnement. Il faut rappeler que RESF 09 prend en charge tous les frais de scolarité, internat compris, et qu'une dizaine de ces jeunes sont hébergés bénévolement chez des militants du Réseau. La tâche est lourde.

Nous avons envisagé d'accompagner pour l'année scolaire 2020/2021 au moins trois petits nouveaux. Après passage au CIO (Centre d'Information et d'Orientation) deux seraient en LEP à Saint-girons et un à l'EREA de Pamiers. Outre les soucis de budgétisation, nous sommes confrontés à l'hébergement (week-end et vacances scolaires) et nous sommes à la recherche de propositions, pour l'instant sans succès. C'est pourtant une condition sine qua non.

Déplorable Préfecture encore qui, en janvier/février a pris plusieurs arrêtés d'expulsion à l'encontre de jeunes, jadis confiés à l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) et suivant des formations en apprentissage, donc en bonne voie d'autonomie et d'intégration dans des secteurs professionnels en tension. Là aussi quelle logique administrative ? Nous reprenons le chemin du Tribunal Administratif et, parfois nous gagnons, enfin les jeunes gagnent et l'État gaspille le fric des contribuables.

Plusieures procédures de reconnaissance de minorité sont encours qui, si elles aboutissent devraient permettre la rpise en charge des intéressés par le Conseil Départemental (ASE).

La grogne encore :

RESF 09 participait à la signature de la pétition large s'opposant aux expulsions. Elle a recueilli d'assez nombreuses signatures mais fut interrompue par un virus inopiné. Une audience est néanmoins demandée pour la remettre en Préfecture. Nous avons aussi porté la signature de RESF 09 à l'appel national pour la régularisation de tous les sans-papiers. On a bien le droit de rêver à une société un peu plus humaine !

Les rencontres de RESF :

Nous avons dû suspendre nos réunions mensuelles et nous avons fonctionné en groupe restreint (l'équipe des permanences). Dès que possible nous reprendrons ces rencontres mensuelles indispensables. En attendant, nous proposons des réunions décentralisées dont nous confions l'organisation aux "locaux". Il y a un vrai besoin de se retrouver sur le terrain. N'hésitez pas à faire remonter vos demandes et vos inquiétudes.

Les finances :

Bien qu'ayant quelques maigres réserves, nous dirons que les fonds sont en baisse et que les participations de soutien sont plus timides que les années précédentes. Affaire de confinement ? Il semblerait que malgré les frémissements de solidarités diverses, ce fléchissement soit général à toutes les associations. Nos principaux postes de dépense restent les accompagnements scolaires et les soutiens juridiques et financiers aux familles.

Soyons optimistes, avec le soleil revenu et le grand air, les bourses vont se délier. Merci.

Amicalement.

Lettre ouverte à Emmanuel Macron

RESF 09 et la section LDH Ariège signent cette lettre à l'initiative des États Généraux des Migrations.

Monsieur le président, Nous – Etats Généraux des Migrations, associations, syndicats et collectifs – vous demandons de procéder à la régularisation immédiate, pérenne et inconditionnelle des personnes sans-papiers.

La pandémie à laquelle nous faisons face aujourd’hui révèle au grand jour les inégalités sociales, économiques et sanitaires qui minent notre société. Dans cette période, la situation des personnes sans papiers est des plus inquiétantes. L’absence de titre de séjour les privant de l’accès aux droits sociaux fondamentaux tels que le droit au travail, au logement, aux prestations sociales, l’état d’urgence sanitaire démultiplie leur précarité. Durant le confinement, l’absence de droit à l’assurance chômage, alors que la plupart travaillent, le risque d’être contrôlé·es, placé·es en rétention – car les centres de rétention administrative ne sont pas tous fermés et sont des lieux autant propices à la propagation du Covid-19 que les prisons – et, l’absence de logement à leur nom font des personnes sans papiers des victimes potentielles de l’épidémie davantage que le reste de la population.

Si leur sort a pu réapparaître dans le débat public aujourd’hui, c’est uniquement en termes de santé publique, et les quelques solutions apportées ici ou là pour permettre à certain·es d’obtenir un lieu d’hébergement plus conforme aux exigences sanitaires ne sont qu’un pis-aller, au demeurant très provisoire. La situation de ces personnes auxquelles l’État refuse d’accorder le droit au séjour est le résultat de politiques migratoires toujours plus restrictives et déshumanisantes, d’un choix du non-accueil, du primat de la logique utilitariste sur celle de l’égalité et de la dignité humaine.

Cette situation va perdurer une fois la crise sanitaire passée. Les personnes sans papiers continueront d’être maintenues dans une situation de non droit qui les rend vulnérables à l’exploitation et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de placement en centre de rétention et d’expulsion. Leur traitement comme main d’œuvre flexible et à bas prix contribue depuis de nombreuses années à la dégradation des droits du travail de toutes et tous.

Parce que l’accès à la dignité et aux droits fondamentaux ne peut ni être affaire de circonstances, ni servir des intérêts économiques, mais doit constituer au contraire une exigence non négociable d’égalité, nous vous demandons de régulariser immédiatement, de façon pérenne et inconditionnelle toutes les personnes sans papiers, étape nécessaire du changement radical des politiques migratoires que nous revendiquons toutes et tous depuis de nombreuses années.

Permanences printemps 2020

Bonjour,

Rassurez-vous : aujourd'hui c'est le printemps, il n'est pas confiné, même si les perspectives ne sont pas réjouissantes.

Nous sommes désolés d'avoir dû suspendre les permanences le vendredi à Pamiers.

Si besoin urgent, vous pouvez nous contacter par courriel (christian.morisse@nordnet.fr) et laisser d'éventuels documents en PDF.

Vous pouvez aussi nous contacter par téléphone (05.61.65.65.98 ou 06.70.94.08.48) et laisser vos coordonnées en cas d'absence.

L'association reste en "ordre de marche".

L'Ariège dit stop aux expulsions

L’Ariège a connu récemment des expulsions brutales, inhumaines, indignes touchant notamment de jeunes enfants scolarisés et leurs parents. Nous exigeons que la France respecte ses engagements internationaux en matière de droit à l’éducation, de droits des enfants, des droits de l’Homme. L’Ariège a toujours été une terre d’accueil et doit le rester pour les accueillis comme pour les Ariégeois.

Nous, signataires, demandons l’arrêt de toutes les expulsions sur le département.

Liste des organisations signataires : Réseau Education Sans Frontières 09, Ligue des Droits de l’Homme 09, Association Couserannaise pour l’Accueil des Réfugié-es et des Migrant-es, Génération’s Ariège, Parti Communiste Français 09, Bénédicte Taurine Députée 1 ère circonscription, Michel Larive Député 2 ème circonscription, SNUipp-FSU 09, Solidaires 09, La France Insoumise 09, Collectif soutien aux réfugiés 09, Comité contre les OQTF, Conseil Ariégeois des Parents d’Elèves, Fédération des Conseils de Parents d’Elèves 09, Collectif soutien de Massat, NPA 09, CIMADE 09, CGT 09, FSU 09, Coordination Volvestre pour le développement des solidarités, PEP 09, Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture09, Collectif de Montbrun Solidaire avec les Migrants, Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation 09, Monnaie 09, CCFD-Terre Solidaire, Parti Socialiste 09, Mouvement pour la paix 09, UNSA Education 09, ATTAC 09, SNES-FSU 09, SNEP-FSU 09, FO 09, EELV, la Confédération Paysanne, le Cercle Cœur Colibris Couserans, CNT 09, Ligue de l’enseignement, Cent pour un toit, Union des Familles Laïques, Association Départementale des Elus Communistes et Républicains

Vous pouvez vous aussi signer la pétition en ligne : http://chng.it/WjCvxhBQ